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Photo Père Trinell avec un groupe d’enfants Inuit

 

Chamanisme

Citation :
Victor Tungilik
Mon père me disait que comme il m’aimait beaucoup, je mourrais peu après lui. Je me souviens de ce qu’il me disait à ce sujet-là. Toutes les fois que je me rappelais ces mots, je me disais que s’il m’aimait vraiment, il tenterait d’allonger ma vie après sa mort. Il veillerait sur moi parce qu’il n’aurait plus de corps. En fait, ce sont ses tuurngait qui sont venus à moi. Peut-être parce qu’il m’aimait, mon père m’avait envoyé ses tuurngait. Je me suis mis à y penser après. Il était chrétien et il priait, et Dieu l’exauçait. Et pourtant, c’était aussi un angakkuq. Pour la plupart d’entre eux, il n’était pas possible d’être à la fois chrétien et angakkuq. Je me demande souvent si ce n’était pas en fait comme ça aurait dû être. Mon père était un angakkuq, mais il n’a pas renvoyé ses tuurngait. Quand il en avait besoin, il priait Dieu et il obtenait ce qu’il voulait. Il pouvait être chrétien tout en étant un angakkuq. Je voyais bien que c’était possible, à cause de mon père. Je n’étais pas comme lui, même s’il était mon père. J’avais peur d’essayer de demeurer un angakkuq. J’ai donc renvoyé mes tuurngait. Je n’ai pas pu être comme mon père.
Présentation :
Le chapitre trois présente les connaissances de Victor sur le shamanisme. Victor connaît bien les angakkuit, car il en était lui-même un. Il se rappelle comment c’est arrivé alors qu’il était jeune : quand son père est mort, les tuurngait de celui-ci sont venus à lui. Victor décrit comment lui et d’autres angakkuit utilisaient leur pouvoir pour guérir. Le processus de guérison consistait en la découverte de la cause de la maladie. Une fois cette raison découverte il fallait aider les malades grâce aux tuurngait. Victor explique que l’angakkuq était parfois possédé par ses tuurngait quand celui-ci chantait un certain type de chanson. Quand les Inuit voyageaient et que quelqu’un du groupe tombait malade, les tuurngait demandaient parfois que les gens restent au même endroit et arrêtent toute activité.
Victor se souvient ainsi de sa relation avec ses tuurngait, ce dont ils avaient besoin et ce qu’ils voulaient. Il était aidé par plusieurs d’entre eux et il les décrit. Il rappelle et cite les mots que les angakkuit utilisaient, pour parler avec leurs tuurngait. Il explique comment il a appris à parler ce langage.

Il y avait différents types d’angakkuit, chacun avec des capacités variées, ils étaient plus ou moins puissants, et ils pouvaient être maléfiques. Victor explique pourquoi il a décidé d’abandonner ses pouvoirs et de renvoyer ses tuurngait. Il parle de moments cruciaux de sa vie, après qu’il soit devenu chrétien, où, à la place, il a utilisé le pouvoir de la prière.