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une église à Arctic Bay

 

La transition au christianisme

Citation :
Rachel Uyarasuk
Nous ignorions tout de Pâques. Après le rituel du siqqitirniq, nous connaissions le dimanche. Nous savions que le dimanche était un jour où il était interdit de chasser. C’était une journée qu’on devait consacrer à la prière. Les gens ont commencé à respecter ça après avoir participé au siqqitirniq. Ils se rendaient dans le plus grand iglu et ils priaient là. Ils ne savaient rien des autres jours comme Pâques. Peu après, nous avons entendu parler de Noël. Nous en avons sans doute entendu parler par le bouche à oreille. Nous avons appris que nous devions célébrer la naissance de Jésus. C’est comme ça qu’on a commencé à célébrer Noël.
Présentation :
Dans le chapitre quatre, Rachel explique comment les Inuit ont commencé à adhérer à la religion chrétienne. Elle décrit le rituel du siqqitirniq auquel elle a elle-même participé étant enfant. Pendant très longtemps, il n’y avait pas de Qallunaat là où elle vivait et les Inuit n’avaient pas de contacts avec des révérends ou des prêtres. Mais Rachel se rappelle comment la conversion a débuté au moment où les bibles et les recueils d’hymnes sont arrivés par traîneau à chiens. Les Inuit ont commencé à apprendre à lire et à écrire mais beaucoup des règles de la nouvelle religion étaient déjà connues par ouï-dire. Quand les Inuit se sont convertis au christianisme, ils ont dû arrêter de suivre le pittailiniq, l’ensemble des règles et des tabous ancestraux. Après avoir décidé de suivre la nouvelle religion, ils se sont reposés le dimanche, mais ils ont aussi commencé à fêter Noël.

Rachel se rappelle que les personnes ont adhéré graduellement au christianisme. Elle (et beaucoup d’autres) ne connaîtraient un missionnaire que bien plus tard. Adulte, elle en a finalement rencontré un à Mittimatalik, c’est à ce moment qu’elle a décidé de se faire baptiser. Les gens étaient baptisés quand ils se sentaient prêts, et comme pour le processus de conversion, celui du baptême était graduel parmi les Inuit. Les gens ont commencé à vivre dans de plus grandes communautés où il y avait un révérend ou un prêtre et c’est alors qu’ils ont commencé à aller prier dans des églises.

Rachel se rappelle comment les différentes dénominations religieuses ont séparé les gens à Iglulik. Les anglicans et les catholiques ne pouvaient plus prier ensemble ou se marier. Mais aujourd’hui elle remarque que cette séparation est en train de s’atténuer, maintenant que les croyants essaient de s’unifier.