David Serkoak
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Plusieurs d’entre nous ont changé de façon dramatique mais à l’intérieur, plusieurs d’entre nous n’ont pas changé. Ceci est basé sur ce que nous ont appris nos parents, et comment ils nous l’ont appris, nous ne le savions pas forcément à ce moment-là, mais lorsque nous devenons adultes, tout retombe à sa place originelle. Pourquoi ils m’ont dit ça, pourquoi ils m’ont – non pas forcé, mais fait faire les choses d’une certaine façon... maintenant que je suis adulte, je comprends pourquoi.

La chose la plus dure pour moi a été d’essayer de ne pas me faire dépasser par les changements. Bien que j’aime dire que j’ai fait l’expérience de la vie traditionnelle, jeune enfant et en devenant adulte – car tout autour de moi, il y a plus de 30 ans, il y avait très peu qui puisse me distraire ou me faire changer de style de vie. À cette époque, ma compréhension de la façon d’être des Inuit était déjà plutôt en place; jusqu’à ce qu’ils nous mettent dans les écoles du gouvernement fédéral. C’était très dur, jusqu’à la fin et ce dès le premier jour.

Dès le départ, nous avons éprouvé des difficultés. Beaucoup de barrières. Pour commencer, la barrière de la langue. En apprenant un peu plus d’anglais, ils devinrent plus stricts. « Vous devez laisser votre langue dehors. Vous devez laisser votre culture dehors. Ici, à l’intérieur, vous apprenez une culture, une langue. » Et c’était l’anglais.

Je me rappelle de la fois quand ils nous ont donné nos noms chrétiens. Mon nom est David Serkoak. Dans les années 60, nous n’avions pas de noms de famille. Chaque membre de ma famille avait un nom différent, jusqu’aux années 70. Ma mère devint Mickie, Mary Mickie. Mon père s’appelle Adam Mickie, mais mon nom demeura David Serkoak. Mon frère, Sila, et ainsi de suite.

Retournons aux changements. Plusieurs d’entre nous ont suivi différents chemins. Beaucoup de mes amis ont déménagé ailleurs. Afin de profiter de ce confort, plusieurs d’entre eux ont changé de style et sont devenus chrétiens. Je ne suis pas contre cela. C’était leur choix; le mien était de ne pas changer, de rester neutre. Je pense que grâce à ce en quoi je crois et aux conseils que m’ont donné mes parents, je suis arrivé à un point dans ma vie où je me joindrais encore aux autres, mais j’aurais toujours cette sensation en mon for intérieur, « Sois toi-même. Demeure qui tu es et tu trouveras une manière de faire certaines choses. » C’est ça qui me vient toujours à l’esprit. J’ai été baptisé anglican. Je vais à l’église de temps en temps. Mais la plupart du temps, je ne suis qu’un individu qui vieillit, qui rencontre quelques interruptions et qui essaye simplement de continuer à vivre, de garder ma culture avec moi, et ma langue en moi. Je pense que c’est là que se trouvent mes croyances les plus fortes aujourd’hui; même s’il y a des changements qui affectent ma famille, et qui m’affectent.